Multiples instruments de musique (samba, forro, bossa nova...), sur un paréo, dont un instrument avec le drapeau brésilien dessus.

Samba, bossa nova, forró : les musiques qui racontent le Brésil

Il y a des pays que l’on comprend avec les yeux. Le Brésil, lui, se comprend avec les oreilles. Avant même de poser le pied sur le tarmac de Rio ou de Recife, il y a fort à parier que vous avez déjà entendu le Brésil, dans un café, dans un film, dans une chanson qui vous a traversé sans que vous sachiez d’où elle venait. C’est ça, la musique brésilienne : elle précède le voyage. 

Mais derrière ce mot polyvalent se cachent des dizaines de styles, de régions, d’histoires. Voici ceux qui vous accompagneront tout au long de votre séjour.

La samba : le battement de cœur du Brésil

Personne faisant du tambour avec un panorama de Rio de Janeiro en fond.

On ne présente plus la samba, et pourtant, on la connaît mal. Née dans les favelas cariocas au début du XXe siècle, mêlant les rythmes africains aux influences européennes du choro et de la polka, la samba n’est pas qu’une danse de carnaval. C’est une langue. 

À Rio, elle résonne partout : dans les ruelles du quartier Lapa le vendredi soir, dans les répétitions des écoles de samba au Sambodrome dès le mois de novembre, dans les pagodes des quartiers populaires où on improvise jusqu’à l’aube. Assister à une répétition d’école de samba est une activité, loin des circuits touristiques, unique en son genre.

À écouter avant de partir : Aquarela do Brasil de Ary Barroso, Alguém me avisou de Dona Ivone Lara, País Tropical de Jorge Ben Jor.

La bossa nova : quand le Brésil a changé la musique du monde

En 1958, un disque change tout. Chega de Saudade de João Gilberto, composé avec Antonio Carlos Jobim, invente quelque chose de nouveau : une samba ralentie, intériorisée, jouée à la guitare acoustique avec une voix presque murmurée. La bossa nova est née.

Elle sera le son de toute une génération, symbole d’un Brésil moderne, urbain, tourné vers l’avenir. Garota de Ipanema (La Fille d’Ipanema) deviendra l’une des chansons les plus reprises de l’histoire de la musique. Écrite en 1962 en observant une jeune femme passer devant un bar de Rio, elle incarne à elle seule la légèreté mélancolique que les Brésiliens appellent saudade : la nostalgie d’un bonheur présent.

Aujourd’hui encore, se promener sur la plage d’Ipanema en sachant cette histoire donne à la balade une autre dimension.

À écouter avant de partir : Garota de Ipanema par Stan Getz & João Gilberto, Corcovado par Antonio Carlos Jobim, Doralice par João Gilberto.

Le forró : l'âme du Nordeste

Loin de Rio et de São Paulo, dans la chaleur sèche du Nordeste brésilien, bat un autre cœur musical. Le forró, prononcez foh-HOH, est la musique des fêtes, des places de village, des couples qui se serrent fort sous les lumières nocturnes. Triangle, accordéon, zabumba (une grosse caisse frappée des deux côtés) : trois instruments suffisent à faire lever une salle entière.

Si votre voyage vous emmène à Recife ou à Olinda, vous tomberez forcément dessus. Dans les bars du quartier d’Boa Viagem, dans les fêtes de rue d’Olinda, dans les salles où des couples de tous âges dansent avec une grâce déconcertante. Le forró se danse collé-serré, les yeux dans les yeux, avec une intimité qui surprend les voyageurs européens, avant qu’ils ne se laissent eux aussi emporter.

Luiz Gonzaga, surnommé O Rei do Baião, en est le père fondateur. Asa Branca, écrit en 1947, est considéré comme l‘hymne non officiel du Nordeste.

À écouter avant de partir : Asa Branca de Luiz Gonzaga, O Xote das Meninas de Luiz Gonzaga, Dentro do Meu Coração de Dominguinhos.

Et aussi : le MPB, le Funk carioca, l'axe...

La musique brésilienne ne s’arrête pas là. Le MPB, Música Popular Brasileira, est un mouvement de chant de révolte d’avant-garde né dans les années 60. On y retrouve Caetano Veloso, Gilberto Gil, Maria Bethânia, Chico Buarque… 

À Salvador de Bahia, c’est l’axé qui domine, musique de carnaval rythmée, héritière directe des traditions africaines. Et dans les périphéries de Rio et São Paulo, le Funk carioca est un genre de musique électronique créé dans les favelas de Rio de Janeiro.

La musique comme clé de voyage

2 hommes faisant du tambours sur des escaliers extérieur peints à l'effigie du drapeau brésilien.

Voyager au Brésil sans s’intéresser à sa musique, c’est un peu comme visiter l’Italie sans manger. On passe à côté de quelque chose d’essentiel. Ces rythmes ne sont pas un décor sonore, ils sont une carte du territoire, une façon de comprendre qui sont les Brésiliens, d’où ils viennent, ce qu’ils ont traversé.

Alors avant de boucler votre valise, prenez le temps d’écouter la playlist que l’on a conçue pour vous. Laissez João Gilberto vous accompagner dans l’avion. Écoutez Luiz Gonzaga en arrivant à Recife. Et si un soir, à la Lapa ou sur une place d’Olinda, quelqu’un vous tend la main pour danser, acceptez.

Nos circuits au Brésil :

Couleurs du Brésil

Rythmes du Brésil

Découvrez aussi...